Pendant des années, le resell de sneakers ressemblait à une ruée vers l’or. Un drop Jordan 1, une Travis Scott ou une Dunk limitée pouvaient transformer un simple « W » sur SNKRS en billet facile. Certains parlaient même d’argent rapide, presque automatique.
Maintenant, le décor a changé. Les marges se réduisent, les invendus augmentent, et toutes les paires ne prennent plus de valeur. Mais parler d’effondrement serait une erreur. En réalité, le marché secondaire des sneakers est en pleine transformation.
De l’âge d’or à la saturation
Entre 2015 et 2021, la formule était simple :
sneaker limitée = profit quasi assuré.
StockX, GOAT et les plateformes de revente ont professionnalisé le secteur. Les collaborations se multipliaient, la rareté était savamment orchestrée et la demande explosait.
Puis la machine s’est emballée.
Trop de drops. Trop de restocks. Trop de collaborations.
Résultat : l’exception est devenue la norme. Et quand tout est limité, plus rien ne l’est vraiment.
Pourquoi 2025 marque un tournant
Aujourd’hui, près de la moitié des sorties ne génèrent plus de plus-value immédiate. Le resell sneakers est devenu plus stratégique, plus exigeant.
Les revendeurs ne cherchent plus le x3 automatique.
Ils fonctionnent en volume, avec des marges plus faibles mais répétées.
Surtout, le changement est culturel :
- La Gen Z consomme différemment
- Moins d’ostentation, plus d’authenticité
- Plus d’intérêt pour des marques comme New Balance, Hoka ou Salomon
- Moins d’obsession pour la spéculation pure
- La sneaker redevient un objet de style avant d’être un actif financier.
Nike et la fin de la pénurie artificielle ?
Nike et Jordan Brand ont longtemps maîtrisé l’art de la rareté. Mais à force de multiplier les Air Jordan 1, Dunk Low et Air Force 1, le mythe s’est dilué.
Le désir fonctionne sur la rareté réelle, pas sur l’abondance déguisée.
En 2025, seules les vraies collaborations fortes (Travis Scott, éditions ultra limitées, projets artistiques solides) continuent de créer une tension forte sur le marché secondaire.
Le resell sneakers est-il mort ?
Non.
Il est simplement en train de mûrir.
Le marché devient plus rationnel, plus sélectif et moins euphorique.
On passe d’une bulle spéculative à un écosystème plus stable.
Il y aura toujours des graals.
Toujours des paires qui explosent.
Mais la revente automatique et facile appartient au passé.
Et c’est peut-être une bonne nouvelle.
Parce que quand la spéculation ralentit, la passion reprend sa place.